CONGRES REGIONNAL A LESCHERAINE EN SAVOIE le 16 et 17 avril

CONGRES REGIONNAL A LESCHERAINE EN SAVOIE le 16 et 17 avril

par la taupe

(Participants : Lucille, Eloïse, Céline et Jérôme)

Le vendredi 15 à 15 H, le camping-car est chargé, (fille, femme, chien et matos), direction de Valence pour récupérer Céline à la sortie de son boulot.

Nous faisons une petite place à la miss et nous voilà partis pour 3 heures de route, Eloïse est contente elle a une copine et je vous jure que Céline est patiente.

On arrive à Lescheraines et on s’installe au camping au bord du lac, on est royal.

22H coup de téléphone de Judi pour nous demander quand est-ce qu’on arrive, quel plaisantin.

Donc on passe les voir pour le café et mettre au point la journée de spéléo pour le samedi.

Judi décide de partir sous terre avec les filles (Céline, Flo, Cako, Anaïs) et des boules kies, et moi et Jérôme Jourret on décide de ce faire une traversé plus longue mais pour cela il nous faut trouver un moyen de locomotion.

Samedi matin 8 h, « Karst » (le copain à Anaïs) se joint à nous, Jérôme trouve une voiture pour faire la traversé Perrin – Cavale, (TPST d’environ 8h) mais il faut partir dans 10 mn.

On se bouge le cul et on arrive sur le parking pour retrouver notre chauffeur, et là, surprise :

Des gars du Doubs, Mouloud Kobb et son « aco litre », je connais Mouloud car il m’a formé (ou déformé) pendant mon stage chef d’équipe secours.

Du coup on se boit un café tout en disant à Mouloud que s’il vient avec nous, nous on ne risque rien car il est réputé pour être le chat noir du Doubs (plusieurs crues et différents contretemps a son actif).

Les « doubistes » nous signalent qu’ils attendent une autre personne du Jura (Françoise) une dame de 50 ans (ça a une importance plus tard) et on décolle enfin à 9H30 (c’était bien la peine de ce bouger le cul).

Les doubistes nous conduisent à l’entrée du trou, et ils partent poser la deuxième voiture pour la sortie, de retour, on se prépare et on discute avec des spéléos prés à partir, ces derniers partent et quand nous sommes prêts, une voiture arrive et nous annonce que ce n’est pas le bon trou, nous sommes à l’entrée de la traversée Garde – Cavale, donc on remonte en voiture et on repart avec notre guide. (Ça commence bien).

Sur le parking de Perrin, on retrouve 3 Montpelliérains en train de s’équiper.

11H enfin devant le trou après une marche d’approche de 15mn au milieu des crocus et des dernières plaques de neiges. On attaque la descente, 2 petits puits suivis d’une petite galerie avec 70 cm de glaise dans le fond, Françoise se tanke dedans, Jérôme lui file un coup de mains pour sortir, on se regarde avec Jérôme et on commence à se poser des questions sur l’autonomie de Françoise mais bon on fait confiance au « Doubistes ».

On enfile les puits et différents méandres, ils sont étroits mais agréables, les puits eux sont spacieux mais mal équipés, pas de main courante, facteur en débuts de puits et équiper sous la pisse donc on arrive a -200 mouillés pour manger. (Ça c’est encore rien)

On ne traine pas et on repart, petit bout de fossile, 2 puits et on trouve un tas de cordes posé au sol, on fait 20 M et un P15 les Doubistes descendent et nous signalent une tonche, je repars en arrière et je récupère une corde pour rééquiper le P15 et nous voila arriver dans la rivière que l’on prend à la remonté, nous sommes à -250.

On progresse dans la rivière plus ou moins facilement et Françoise commence à fatiguer, Jérôme et moi demandons a Mouloud si la résistance physique de Françoise est bonne, il nous répond qu’il n’en sait rien il a fait ça connaissance sur le parking. Jérôme et moi décidons de prendre Françoise sous notre aile et on continue.

Il me semble voir apparaitre des mousses de crues, toujours est il que la rivière ne diminue pas alors que nous remontons cette dernière.

On arrive à une cascade que l’on doit franchir par la gauche à l’aide d’une corde que l’on prend à la poignée, Jérôme passe la cascade, Françoise le suit et elle n’a plus de force dans les bras, la puissance de l’eau l’emporte et la voila sous la cascade, je me mets à la flotte pour la sortir de là avant la noyade. Première frayeur.

On continue et à 17 h, on demande aux doubistes et à Karst de sortir pour signaler les difficultés de notre camarade, ils partent tout à fond.

Au fait j’ai froid aux pieds.

Un moment après on voit une rubalise qui nous sort de la rivière, cette dernière était posée très haute et on se demande si nos collèges l’on vue.

On démarre dans un fossile et on constate que les flaques d’eau ne sont pas touillées, ils se sont plantés, les voilà partis dans les amonts.

Au bout de 100M de fossile on retrouve encore une rivière après un P20, cette dernière est encore plus grosse que la première, avec de belles mousses de crues, on se remet à la flotte, c’est de plus en plus dur pour Françoise mais elle ne dit rien et avance à son rythme.

Une main courante arrive, je la passe et je me mets sur poignée pour la tenir tendu pour facilité le passage. Françoise se lance et elle n’arrive pas à passer, le courant l’emporte et elle se retrouve entre moi et Jérôme qui relève la corde à l’épaule pour la sortir de l’eau. Heureusement que les montpelliérains nous ont rattrapé et nous file un coup de main car on était prêts a couper la corde et se foutre à la baille pour la récupérer. (deuxième frayeur).

Dorénavant on reprendra tous les équipements en place pour ne plus prendre de risque.

On continue la progression et on entend des voix derrière nous, ce sont les doubistes et Karst qui sont de retour, bien contents de les voir.

Il est 18h et Jérôme relance l’idée d’aller chercher du secours à l’extérieur car Françoise est de plus en plus fatigué donc après discutions c’est lui qui s’y colle tout seul pour progresser plus vite.

18H30 on arrive en bas d’une corde ou il y a une balise, je décide de faire une halte pour manger un bout et boire chaud avant d’attaquer le puits remontant.

On voit arriver de la lumière du haut du puits, c’est Jérôme qui nous annonce que ce n’est pas par là et il reprend la rivière à la monté.

On fini notre goûté et on repart à notre tour dans cette eau à environ 4°c et j’ai toujours froid au pied.

Après 15mn retour de Jérôme qui m’explique que le niveau de l’eau est très haut, qu’il a de l’eau au niveau des épaules.

Ca y est ON DECIDE DE MONTER UN POINT CHAUD, les montpelliérains sont motivés pour forcer la crue avec un doubiste, on leur file des infos pour nous envoyer des néoprènes et des balanciers pour les puits.

J’en profite pour brancher Mouloud en lui disant que c’était à cause du chat noir et il me répond « putain plus personne va vouloir sortir sous terre avec moi dans le Doubs » il faut dire que c’est ça cinquième crue. Il abuse quand même

19H30 le point chaud est monté sur un éboulis, ce n’ai pas l’endroit idéal mais on a que ça de sec.

L’attente commence, on démarre les bougies, on boit chaud et on commence à s’organiser pour durer.

20H, petit tour de point chaud sur qui fait quoi dans la vie, Françoise nous annonce qu’elle est à la retraite depuis 4 ans, et elle nous annonce qu’elle a 67 ANS.

Du coup on se dit que putain elle est en forme mais quand même qu’est ce qu’elle fout là, elle nous a répondu qu’a l’accueil on lui a demandé si elle était autonome sur corde elle a répondu oui, alors on lui a dit que c’était de la marche dans une petite rivière.

20H30 : Jérôme pose des cailloux comme marqueur de crue et moi j’ai encore froid au pied

21H30 le débit baisse, on a perdu 10 cm d’eau

22H30 le débit baisse toujours on commence à se battre avec les mèches des bougies achetées, on en fabrique avec les sachets de thé, ma bougies fait maison elle fonctionne toujours et restitue pas mal de chaleur.

23H on se dit que les secours ne vont pas tarder

00H toujours personnes, des questions se posent :

Est-ce que les collègues sont sortis sains et saufs ?

Ils ont peut être dû arrêter leur remonté.

Il y a peut être d’autres personnes coincées.

1H ma bougie s’éteint, J’ai les pieds gelés, j’ai froid, je me dis qu’il ne va pas falloir qu’ils tardent car ça va être compliqué.

1H15 HOU HOU il y a quelqu’un, ça y est ils sont là.

Bouffe chaude, chaufferette, bas de néoprène pour Françoise et haut pour Karst

Jérôme, mouloud et moi on remet les combinaisons et je rechausse les bottes avec l’aide de trois secouristes car mes pieds font un refus d’obstacle.

On demande si on est loin de la sortie et on nous annonce 2 bonnes heures encore dans l’eau.

La riviére ne ressemble plus a rien, on a perdu les deux tiers du débit, la ou Jérôme en avait au épaule, il en a jusqu’à la cuisse. La progression ce fait correctement (c’est bizarre j’ai plus froid au pied mais au mollet) et on arrive en bas des puits, plus que 60M de remontée.

Les puits sont équipés secours mais sous la pisse (comme d’hab.) mais personne sur les ateliers, donc Mouloud, Jérôme et moi on s’y colle.

P17 Mouloud régulateur, Jérôme contrepoids et moi accompagnateur

P27 Mouloud régulateur, je contre poids et Jérôme accompagnateur

Les autres sont plus des toboggans sur la glace de la grosse doline d’entrée.

4H dehors, encore 3/4H de marche et on sera aux voitures pour une bonne bière bien méritée.

5H30 arrivée au congrès accueillis comme il se doit, boisson et bouffe chaude et surtout tous les copains qui se faisaient du souci pour nous.

Là je retrouve ma femme et Céline, elles ont l’air fatigué mais soulagé, je comprends pas pourquoi….

Claire notre présidente du CDS Ardèche récupère mon pouvoir pour l’AG régionale et me dit que j’ai le droit d’aller dormir, mais que dalle les muscles sont pleins de toxines donc j’ai droit à des départs de crampe, de plus on a encore l’adrénaline qui fait effet donc et ben on part balader pour passer tout ça.

A notre retour le soir dans le camping-car, je m’aperçois que mes pieds sont gonflés.

Le lendemain le toubib m’annonce des gelures aux 2 pieds et qu’il faut attendre 24H encore pour le pronostic, gelure superficielle ou profonde.

Mardi soir toujours pas de nécrose donc je vais garder mes doigts de pied.

Au fait TPST 18H au lieu de 8H (on est vraiment des brelles)

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