le 9 avril 2016 : initiation à la topo

          Initiation au relevé topographique dans une cavité dite verticale.

 

L’aven Dumas, connu aussi sous le nom de l’aven du Bidon s’ouvre sur le plateau de Saint- Remèze à 700m au nord-est de celui de Marzal. Des 88 verticales inventoriées sur cette commune, celle-ci malgré sa profondeur connue de tous ne fait pas partie des classiques du secteur. La topographie levée par les clubs qui se sont succédés pour l’explorer demeure malgré leur volonté de nous renseigner, introuvable.

 

Pour donner une suite à notre première journée passée en janvier 2016 dans la grotte à Deux Entrées de Chomérac, il fallait trouver un aven pour aborder une autre facette de la leçon. Notre choix s’est porté naturellement sur la Basse – Ardèche, les locataires de la Cabane mettant spontanément leur local à notre disposition pour la partie « mise au propre ».

Topographie inédite, local de repli à proximité, voilà les raisons qui ont dicté notre choix.

Pour être certain de réussir, l’organisation de la sortie c’est effectuée en deux temps.

Le mardi précédent la séance nous avons avec Eric Posbikian reconnu le parcours souterrain en effectuant un déplacement depuis Privas, avec pour objectif de repérer les difficultés, lister le matériel à amener, et se rendre compte de la teneur en CO².

Ce jour là il pleut à seaux tout le jour, nous sortons trempés. Bien qu’impressionné par l’aspect plongeant du laminoir difficile à remonter, la cavité est considérée comme intéressante à topographier, et le taux de gaz carbonique estimé supportable.

Samedi matin 9 avril RDV à la Cabane. S’y retrouve, Françoise Martinon, Carole Lequindre, Yannick Lessard, ainsi que moi-même. Christian Bayle qui descendra jusqu’à –40 nous accompagne un temps, ainsi que Jérôme Loire qui nous a amené les accessoires de mesure, plus cordes et amarrages.

10h nous voilà équipés près à entrer. L’intention du départ est de descendre sur le matériel en place en doublant simplement les mousquetons nécrosés par l’humidité , mais le diamètre excessif de la corde d’accès, sur laquelle le descendeur coulisse mal oblige Jérôme à doubler l’équipement avec une corde du club.

En surface on se distribue les rôles, et on passe le matériel topo en revue tout en faisant une révision de ce qui a déjà été enseigné. Inconvénient Carole et Yannick n’ont pas participé à la leçon de Janvier, d’ou une petite séance expresse de rattrapage.

Nouveauté : aujourd’hui nous utiliserons un laser mètre en remplacement du décamètre.

Sous terre nous allons fonctionner de la façon suivante : Gilbert ouvre la marche, définit les stations et prend les longueurs. Carole et Yannick se relaient à la boussole et au déclimètre, tandis que Françoise note toutes les infos chiffrées sur les bristols.

10h30, nous entrons, il fait assez frais. La partie étroite du P18 nous oblige à faire deux visées.

Au bas du puits, petit briefing sur les effets du gaz sur l’organisme et sur l’aspect déstabilisant qu’il exerce sur le moral de l’explorateur, renforçant encore le sentiment d’éxiguité, pour les plus sensibles à la claustrophobie.

Ces conseils s’avéreront inutiles, nous avons une équipe au moral d’acier, même lorsque les céphalées tenaces s’empareront à la remontée des têtes fatiguées, pas une plainte ne sera prononcée.

Pour l’heure nous descendons, les visées sont courtes et la pente étonnement constante. Le parcours étroit nous oblige a progresser à la queue leu-leu. Le peu d’endroits où l’on peut se regrouper, on fait le point, et on change de bristol tous les 12 visées à cause de l’humidité. Pour désescalader les ressauts nous plaçons nos bloqueurs sur les cordes fixes et les faisons coulisser en s’auto assurant. Il y a moins d’eau que mardi, ce parcours dans cette galerie particulièrement érodé me rappelle ma jeunesse et la première partie de la Combe Rajeau, le gaz en plus.

Concernant l’habillage topographique à venir, pas de souci à se faire ce sera un mince ruban qu’on aura aucun mal à dessiner, car à part le bas du puits, le départ amont, la salle des éboulis et le repère 40 qui sont des excroissance de quelques mètres, le reste est étroit.

14h 30 nous voilà arrivés au point bas qui va marquer la fin de la séance. On n’est pas au fond, mais les spéléos qui travaillent sur la désobstruction ont fait péter avant de remonter. Le passage est encombré de blocs coupants qu’il faudra dégager pour continuer à descendre. Il souffle d’ailleurs un courant d’air ascendant nettement sensible à cette profondeur cela ne peut-être qu’intéressant, et augurer d’une suite possible.

Nous grimpons au rythme des possibilités de notre cage thoracique, la remontée du laminoir pour tous est une épreuve. Il est 16 heures lorsque Yannick qui ferme la marche et déséquipe le puits, arrive en surface. Nous sommes restés 6h 30 sous terre.

Le trou refermé et une fois changé, nous partons tous à la Cabane, pour d’abord y manger car l’heure du déjeuner de midi est passé depuis longtemps. Ensuite, installé sur la table à l’extérieur, nous abordons la deuxième partie de la journée, l’exploitation des résultats..

Tout d’abord opération conversion, transformer nos angles en longueurs verticales et horizontales. La calculatrice rend bientôt son verdict spéléométrique : 113m topographiès, profondeur –84m, le développement ramené à l’horizontale représente 90m.

Ces chiffres vont nous permettent le choix d’une échelle, (3 mm par mètre) sachant que le format de la feuille A4 est privilégié. Un cadre de 230 x  280 est pré-déterminé c’est dans ce quadrilatère que nous allons représenter la coupe développée.

Comme sous terre, nous travaillons en équipe. On s’est installé à l’extérieur de la Cabane, après avoir déplacé la table pour la mettre au soleil.

Françoise donne lecture des notes, Yannick à la calculette convertit les chiffres à la bonne échelle, Gilbert positionne les points sur une feuille quadrillée, tandis que Carole couchée dans sa voiture essaie de récupérer d’un mal de tête monumental.

Juste le temps de finir le cheminement, déjà le soleil à disparu derrière la rive droite des Gorges, pénombre et fraîcheur tombent. Nous en resterons là pour aujourd’hui.

Il est 19h30 passé, on se sépare. Promesse est faite de s’envoyer des photos ainsi que plan et coupe plus le scan des notes topos pour ceux qui seraient intéressés par une reconstitution à la maison les pieds confortablement glissés dans des Charentaises.

Gilbert.

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